8 Mars : Les prisonnières politiques Guadeloupéennes

On ne peut parler du féminisme Guadeloupéen et des luttes des femmes en Guadeloupe sans parler des femmes qui furent des prisonnières politiques dans les années 1980.

Cette part de l’histoire de la Guadeloupe se retrouve dans mon ouvrage « L’exception féminine guadeloupéenne – Essai sur le féminisme guadeloupéen »

Le mouvement indépendantiste guadeloupéen a été marqué par la naissance en son sein de l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC).

L’Alliance révolutionnaire caraïbe (ARC) est un groupe armé actif pendant les années 1980 et qui luttait pour l’indépendance de la Guyane, de la Martinique et de la Guadeloupe.

L’ARC a été créée en 1983 par un regroupement d’indépendantistes à Paris pour lutter ensemble contre les intérêts français dans les Caraïbes. Cette organisation se caractérisera en Guadeloupe plus particulièrement par le recours à la lutte armée et par l’utilisation de bombes posées de nuit ou de jour pour marquer leur détermination à harceler l’état Français afin d’accéder à l’indépendance de la Guadeloupe.

De nombreuses arrestations eurent lieu en lien avec ces attentats à la bombe. Les médias se sont intéressés aux hommes leaders du mouvement et en première ligne dans ces actions et ces arrestations.

Des femmes ont participé à la lutte armée, étaient aussi arrêtées et incarcérées. Elles ont fait la une de la presse lors de leur arrestation puis ont été oubliées par le grand public. L’histoire de ces femmes fait partie de l’histoire de la Guadeloupe et mérite d’être connue.

Ces femmes sont :

Marie-Line Peter : Connue aussi sous les pseudonymes de Maïté ou de Krystin Césaire elle était animatrice à la radio indépendantiste « Radyo Inité ». Elle fut arrêtée en décembre 1983 pour des faits liés aux attentats à la bombe perpétrés par l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe. Elle purgeât une peine de six ans de prison pour ces faits.

Leïla Cassubie : Fille de l’immigration antillaise, elle rentre en Guadeloupe et découvre le pays au début des années 1980. Elle adhèrera à l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) qui avait choisi les attentats à la bombe comme mode d’action. Elle devint militante du Mouvement Pour un Guadeloupe Indépendante (MPGI) et animatrice de Radyo Inité. Elle fut arrêtée en novembre 1983 et relâchée en 1986.

Rose Faisans-Rénac : Animatrice à Radyo Inité et secrétaire du MGPI est arrêtée le 5 décembre 1983. Date de libération non précisée

Renée Élise : Elle est décrite comme une jeune patriote courageuse. Aujourd’hui disparue, elle fut membre du Groupe Guadeloupéen de Libération Armée (GLA). Elle fut arrêtée le 16 avril 1981 et transférée en France le 18 avril où elle sera incarcérée à Fleury-Mérogis.

Virginie Jehu : Dite Virginie Tom, était une syndicaliste du MASU (Mouvement d’Action Syndicale Unifié) salariée de commerce aux Nouvelles Galeries et animatrice de Radyo Inité. Elle fut arrêtée le 27 août 1982 avec son compagnon Max Safrano.

Marie-Georges Michel : Militante de l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG). Soupçonnée d’avoir participé à des attentats en novembre 1986 elle fut arrêtée le 2 février 1987 et transférée à la prison de Fleury-Mérogis

Michèle Fabre : Jeune enseignante française arrivant en Guadeloupe suite à une demande de mutation. Femme aux convictions anticolonialistes affirmées elle avait hébergé des indépendantistes guadeloupéens qui étaient dans la clandestinité. Recherchée par les policiers français elle prit elle-même le chemin de la clandestinité avec le groupe de Luc ReinetteElle fut arrêtée avec eux le 21 juillet 1987 à Saint-Vincent, fut transférée à la prison de Fleury-Mérogis en France et libérée en juillet 1988.

Les membres de l’ARC seront amnistié.e.s le 12 juillet 1989. Amnistie qui signera la fin des actions de ce groupe.